Le Jazz comme on l'aime ...

Prochaine Réunion

samedi 24 juin 2017 à 21h

Les nouveautés du disque et diverses vidéos

Pierre CHRISTOPHE nous propose des nouveautés comme quelques extraits de la série de 9 CD de La Grande Parade du Jazz de Nice 1979.


On peut y entendre une foule de géants du jazz comme Carrie Smith, Mary Lou Williams, Harry Edison, Eddie Lockjaw Davis, Illinois Jacquet et bien d'autres.
Plus quelques extraits vidéo de concerts récents de notre club.

Prochain Concert

jeudi 4 mai 2017

GUILLAUME NOUAUX TRIO

Organisé par le
Hot Club Marennes-Oléron
en partenariat avec la
Mairie de MARENNES


Guillaume Nouaux nous propose Un voyage en Louisiane au début du siècle dernier, dans l'atmosphère des trios mythiques de La Nouvelle-Orléans...

Guillaume Nouaux à la batterie accompagné de Jérôme Gatius (photo) à la clarinette et Didier Datcharry au piano, interprète un répertoire ancré dans la tradition du jazz des origines, où se mêlent des airs de ragtime, de blues, de swing et des airs populaires de La Nouvelle-Orléans.

Habitué à sillonner l'Europe, le Guillaume Nouaux Trio a su fédérer un large public de connaisseurs et d'amateurs de jazz traditionnel, mais aussi un public simplement heureux de passer un bon moment en compagnie de musiciens généreux et qui aiment partager l'esprit festif de cette musique.

Un spectacle à ne pas manquer.

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(Duke Ellington)

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EARL "FATHA" HINES

Pianiste "moderne"... depuis 1923 .. ..et jusqu'à sa disparition en 1983

La soirée commence par l'écoute de S'WONDERFULL (1960) du CD" Paris one night stand"

Biographie avant 1923

Né à Duquesne faubourg de Pittsburgh le 28 décembre 1905. Famille de musiciens élevés dans la musique classique et la pratiquant . Père cornettiste dans l'"Euréka Brass Band", mère tenant l'orgue au temple. La famille connaissait aussi et recevait tous les musiciens d'importance de la région dont quelques grandes figures comme Eubie BLAKE, Noble SISSLE, Lucky ROBERTS. C'est même E.Blake qui recommanda à la famille Hines de faire quitter Pittsburgh au jeune Earl qui présentait des dons exceptionnels et à qui il ne voyait pas d'avenir à Pittsburgh.
Son ascendance plus lointaine comporte également de nombreux musiciens, c'est dire qu'il a baigné très jeune dans une culture musicale bien ancrée. (Et qu'il a bénéficié d'un plus génétique comme Bach ou Mozart. Allez savoir ! )

Début au cornet vers 8 ans mais l'instrument ne lui convient pas et à 9 ans il se met au piano avec un professeur qui dit bientôt qu'elle n'a plus rien à lui apprendre: il arrivait aux cours avec 2 ou 3 séances qu'il avait apprises seul d'avance. Un 2ème professeur, allemand, lui fait pratiquer la méthode et les redoutables exercices Czerny qu'il maîtrise en peu de temps. Ce professeur lui interdit le base-ball à cause des accidents de phalanges mais Earl très sportif ne respectait pas toujours l'interdiction. On voit bien à tout cela qu'il n' était donc pas plongé dans la culture afro-américaine comme c'était le plus souvent le cas pour les noirs. Il n'y avait qu'une douzaine de familles noires à Duquesne pour 18000 hbts et pas de problème racial. Ce n'est pas un cas unique mais quantitativement peu représentatif. Bien des Afro-Américains ont d' ailleurs reçu une solide culture classique sans que cela ait affecté, à cette époque du moins, le caractère ethnique, racial ( appelez le comme vous voudrez ) en tout cas afro-américain de leur musique. A peine sortis de cette formation, ils côtoyaient leurs congénères restés proches des racines africaines, maintenyes très vives, et se trouvaient plongés dés leurs premières performances publiques dans ce bain revigorant. Il n'en est plus de même aujourd'hui où les écoles et conservatoires type "Julliard Academy" délivrent des centaines de copies conformes à chaque promotion et où le jeune , à sa sortie d'école, entend partout un langage musical formaté strictement identique d'un musicien à l'autre.

Joue à l'église le dimanche pour quelques dollars par mois vers ses 14-15 ans. Il rencontre un jour dans la rue , vers 15 ans semble-t-il, le chanteur Lois DEPPE, ami de la famille qui jouissait d'une déjà bonne réputation; celui-ci avait un accompagnateur qui jouait d'oreille dans seulement 3 tonalités peu habituelles, ce qui était gênant pour le chanteur; aussi demanda-t-il à Earl s'il voulait gagner quelques dollars en prenant la place: de ce pianiste. Réponse d'Earl: "Mais nous allons à l'école! ", L'affaire s'est faite quand même. Ecole le jour, cabaret la nuit. Les études s'en ressentent et Earl sent en même temps que son avenir est dans la musique. l Il découvre ainsi le jazz vers 12- 13 ans et trouve que cette musique-là aussi a son cœur et son âme. Il devient donc professionnel mais on lui fait porter des pantalons d'adulte pour jouer dans les cabarets et on lui interdit d' ouvrir la bouche pour que sa voix d'enfant ne révèle pas son jeune âge. Il a 17 ans et pour son 1er engagement au Liederhouse, joue sur un petit piano monté sur des roues et qu'on déplace près des clients qui le souhaitent.
En 1923, à 18 ans il enregistre pour la 1ère fois avec Lois Deppe et son style est déjà perceptible et a déjà une maturité certaine! Ill raconte que 2 pianistes l'ont marqué à l'époque et ont contribué à former son style: " Mon style était basé sur celui de 2 pianistes de Piisburgh, JIM FELLMAN ou THELMAN qui avait une main gauche terrible et JOHNNY WATTERS de Toledo, Ohio, d'où vint ART TATUM,qui avait une main droite "terrific".Tous deux avaient un faible pour certaines boissons: Fellman aimait le tabac à chiquer et la bière et Watters aimait le gin et les cigarettes CAMEL; aussi je leur en montais, payant avec mes 15 dollars de la semaine, ce qu'ils aimaient pour qu'ils me montrent comment ils jouaient. Il fallait savoir garder le tempo pour les danseurs à cette époque car , la section rythmique, c'était votre main gauche." On peut ajouter qu'il avait aussi entendu de grands rag-timers comme Eubie BLAKE et des pianistes Stride comme Lucky Roberts et que ça a laissé, ça aussi, des traces dans son jeu et une utilisation encore fréquente du STRIDE dans les enregistrements de 1928-30. Cette influence première s'exprime aussi dans son admiration sans borne et son affection pour FATS WALLER. Il disait aussi que ce style, dynamique et percutant, lui avait été nécessaire pour arriver à se faire entendre au milieu des cuivres , des saxes et de la rythmique.

C'est assez dire que ce style était déjà formé lors de sa rencontre avec Louis Armstrong et que s'il en a subi l'influence, celle-ci n'a fait que consolider ce style. En tout cas la complémentarité était proprement miraculeuse entre ces 2 géants. Avant de graver ses premières plages avec Louis, il était déjà incontournable, jouait chez Erskine Tate et Carroll Dickerson dont l'orchestre deviendrait celui de Louis peu après et avait monté son propre grand orchestre qui débuta au "Grand Terrace" le jour même de son 23ème anniversaire ! Précisément, à partir de cette époque nous pouvons parler de la carrière d' Earl Hines enregistrements à l'appui et non plus à partir de sa biographie et de ses interviews. Au fait pourquoi ce surnom de "FATHA". Il faut d'abord savoir que c'est l'orthographe phonétique de "Father", père. Il semble que ce surnom lui soit resté depuis les années 20 après qu'un M.C. ( Master of Ceremony ) sa soit adressé à lui de cette façon emporté par son enthousiasme et son admiration lors d'une soirée.

Le Style

En dépit d'une évolution qu'il sera plus facile de suivre à l'audition des disques, certains traits suffiront à percevoir globalement le caractère musical d'Earl Hines On a dit que sa main droite s'exprimait, à ses débuts surtout,comme le ferait un trompette et plus particulièrement Louis Armstrong; on en verra de nombreux exemples et aussi ce qui en diffère dans le sens d' une expression plus aventureuse à la limite parfois d'un équilibre toujours magistralement retrouvé. C'est une succession de phrases vertigineuses, audacieuses pleines d'accidents et d'imprévu, de ruptures de rythme , d' arrêts et de redémarrages foudroyants et exécutés avec une vigueur hors du commun. On est dans un autre monde que celui confortable et sûr des pianistes de la lignée "stride" comme Fats Waller, James P. Johnson dont la vigueur est toute différente, ronde avec peu d' aspérités, qui vous prennent par la main pour une promenade en Rolls. Earl, lui, vous emmène en Buggy sur un terrain accidenté.

La main gauche est, s'il se peut, plus aventureuse encore alternant accords à contre-temps plaqués violemment, arpèges vertigineux retour au stride etc, avec une indépendance à peine croyable des deux mains et un enchevêtrement droite-gauche maintenant en permanence l'auditeur en haleine.Il est bien difficile de décrire ce style bouillonnant et indescriptible et pourtant toujours d'une grande clarté. Son toucher, Louis Armstrong l'a qualifié de léonin ( " leonine touch "), c'est tout dire, sans qu'il y ait le moindre rapport entre Earl Hines lion impérial toutes griffes dehors et Willie " The Lion " Smith".Lion, lion paternel et bienveillant, pianiste Stride au toucher lui aussi léonin mais griffes rentrées. Quant à ses dons d'invention, ils paraissent illimités et jamais vous n'entendrez 2 fois la même phrase dans 2 interprétations du même morceau. Prenez simplement les dizaines de versions de "Rosetta" qu'il a gravées C'est un ou le plus grand des improvisateurs et "non parce qu'il improvise constamment ( d'autres le font) mais parce qu'il improvise admirablement, écartant tout creux, tout remplissage" ( Hugues Panassié).
Son influence a été prédominante sur tous les pianistes qui ont suivi et qui lui ont valu le titre de père ( "Fatha") du piano jazz moderne de Teddy Wilson à King Cole, Ray Bryant en passant par Art Tatum lui-même. C'est surtout par l'usage de la main droite qu'il a induit l'évolution pianistique en jazz, et c'est malheureusement ainsi qu'on a vu apparaître ces générations de pianistes manchots ignorant leur main gauche et soucieux d'aligner de longues phrases à la main droite sans respiration, sans ces accidents , silences, aspérités diverses qui font vivre la musique.

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